L'équilibre d'un écosystème

Être en équilibre c’est quand on est sûr de ne pas tomber, c’est la stabilité, l’harmonie. On sait que dans un écosystème, il y a des milliers de lieux, d’animaux, de végétaux et il y a des milliers ou des millions de relations possibles entre chaque élément. Un élément peut donc être indispensable à un autre mais aussi à plusieurs autres.

Exemple : Des dizaines d’espèces d’animaux ne savent plus où habiter lorsqu’un feu détruit une forêt.

Cerf

Un écosystème, c’est comme un énorme filet où chaque maille est un élément différent qui retient les autres en place. L’équilibre de chaque écosystème est maintenu par la présence de chaque élément. Aussi ces éléments sont indispensables entre eux. Si un élément est affecté, il peut occasionner des effets pouvant nuire à d’autres éléments selon une réaction en chaîne et bouleverser l’écosystème. Comme un trou dans un filet qui s’agrandit parce qu’une seule maille en retenait quatre autres et les quatre autres en retenaient d’autres...

  • L’aigle pêcheur et tous les poissons sont touchés par l’assèchement d’un lac;
  • Les petits animaux comme les rongeurs et les lièvres sont touchés par le défrichage des arbustes d’une forêt;
  • Les oiseaux, les renards, les ours et les cerfs sont touchés par la coupe d’une forêt.
  • Si on enlève tous les chats : le nombre de souris qui mangeront les récoltes augmentera.
  • Si on enlève les arbres sur le bord d’une rivière : les racines des arbres ne retiennent plus le sol, le sol disparaît dans l’eau, les animaux vivant sur le bord de l’eau doivent s’en aller plus loin.
  • Si on enlève les prédateurs (loups, coyotes, renards, ours) d’une forêt : les herbivores (cerfs, lièvres, orignaux) deviennent trop nombreux et dévastent la végétation.
  • Si on enlève l’espèce de chenille préférée d’une espèce d’oiseau : l’oiseau aura de la difficulté à trouver sa nourriture.

La vulnérabilité de chaque espèce est différente parce qu’elle vit d’une façon différente des autres. Chaque espèce est habituée à un train de vie particulier, à un habitat d’une certaine grandeur, à des éléments nécessaires à sa survie. La facilité de s’adapter aux changements est différente pour chaque espèce. Beaucoup d’espèces sont plus vulnérables parce qu’elles sont dépendantes d’un habitat bien défini et ont des besoins précis. Elles sont souvent plus performantes et vivent mieux lorsque ces besoins sont comblés mais elles sont sans ressource lorsque leurs habitats ne sont pas en nombre suffisant et que leurs besoins ne sont pas entièrement satisfaits. D’autres espèces peuvent être moins vulnérables parce que leur habitat est moins bien défini et celui-ci n’est pas indispensable à leur survie : ces espèces sont plus tolérantes, ont des besoins moins importants et elles savent s’adapter. Elles ne sont pas plus performantes dans un habitat particulier.

Chouette tachetée

Exemple : Le goéland réussit à se débrouiller un peu partout en ville même si son habitat naturel peut être des zones côtières, des berges et des îles. Cependant, la martre d’Amérique et la chouette tachetée ne réussissent pas à vivre ailleurs que dans les très vieilles forêts qui ont plus de 200 ans.

Les habitats se modifient en vieillissant parce que les espèces (surtout les arbres) modifient leur besoin en eau et en énergie solaire. Plus les arbres vieillissent, grossissent et grandissent, plus ils prennent d’eau et plus ils captent l’énergie solaire. Alors il y a moins d’eau et de soleil pour les nouveaux arbres et les autres plantes et animaux. Ainsi les conditions de l’habitat ne sont plus les mêmes, elles attireront des organismes qui aimeront ces nouvelles conditions. C’est pour ça qu’une forêt jeune de 20 ans n’a pas les mêmes arbres et animaux qu’une forêt de 60 ans et celle-ci n’a pas les mêmes arbres et animaux qu’une forêt de 200 ans ni qu’une forêt de 350 ans.

Dans un écosystème, le nombre d’habitats est différent. Certains écosystèmes ont peu d’habitats, d’autres en possèdent un grand nombre. Puisque chaque habitat change à mesure qu’il vieillit, les habitats plus vieux sont donc naturellement plus rares que les plus jeunes.

If du Canada

Exemple : Il y a beaucoup plus de jeunes arbres que de vieux arbres. Même si la plupart des arbres peuvent vivre jusqu'à 200 ans, peu y arrivent. Les arbres vivent habituellement moins de 100 ans.

Les habitats peuvent disparaître en partie par les feux, les épidémies d’insectes ou les vents violents. Ils restent quand même en équilibre naturellement en se reformant à partir des habitats des environs.

L’équilibre d’un écosystème c’est d’avoir toujours à peu près le même nombre d'habitats et d'espèces.
Le dynamisme de l’équilibre ou un équilibre en mouvement est apporté par le changement local des habitats et des espèces qui s’y trouvent.

Lorsqu’un habitat devient trop rare et que les espèces qui y vivent deviennent vulnérables, l’écosystème n’est plus en équilibre et la biodiversité est en danger.

Exemple : Des habitats disparaissent en trop grande partie pour que leurs occupants aient le temps de trouver un nouvel habitat semblable, qui répondrait à tous leurs besoins.

La biodiversité est menacée par l’expansion de l’industrialisation humaine. Les populations humaines augmentent toujours et nous avons besoin de plus en plus de ressources pour nourrir tout le monde. Pour satisfaire nos besoins en ressources, nous les exploitons de plus en plus, aux dépens de nombreux habitats. Nous savons que certains habitats sont plus communs que d’autres, mais aussi que certains habitats sont de plus en plus rares. Plus un habitat est rare et plus il a de chances de ne pas se recréer et de résister aux perturbations, aux changements. Et c’est la même chose qui s’applique à tous les êtres vivants de la terre.

Exemple : Un seul arbre ne peut se multiplier tout seul; plusieurs arbres, séparés les uns des autres par plusieurs milliers de kilomètres n’ont pas plus de chances de se multiplier. Un petit nombre d’arbres qui vivent au même endroit, ont la chance de se multiplier mais ils peuvent tous disparaître d’un seul coup si l’endroit où ils se développent est détruit.

La solution, c’est la protection des habitats rares.

Lorsque des animaux et des végétaux perdent de trop grandes parties de leur habitat, leur survie est ainsi ménacée car ces espèces survivent difficilement dans des habitats trop petits.

Aigle à tête blanche

Exemple : Certains oiseaux ont besoin d’une grande forêt, d’au moins 20 hectares, pour chercher et trouver assez de nourriture. S’ils se retrouvent dans un petit boisé de 2 ou 3 hectares parce que le reste de la forêt a disparu, ils auront énormément de difficulté à trouver leur nourriture dans si peu d’espace.

Beaucoup d’espèces sont de plus en plus rares et menacées.

Exemple : Les prédateurs : parce qu’ils ont les plus grands besoins en espace pour trouver leurs proies. Aussi certains arbres et certaines plantes poussent dans des habitats non adaptés à leurs besoins et ils prennent plus de temps à se former.